États-Unis : un libraire accusé de revendre les ouvrages d'une boite à livres

Antoine Oury - 14.08.2020

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La notion de vol devrait être totalement bannie des boites à livres : ces dernières, véritables bibliothèques de rue, proposent à chacun de se servir parmi les livres proposés, et d'en déposer à leur tour, pour un partage pur et simple. À Alexandria, en Virginie, un psychodrame se joue autour de la boite à livres : son initiatrice assure qu'un libraire local vient se servir pour alimenter son propre stock et revendre les ouvrages...

Massachusetts - Little Free Library


La librairie d'occasion The Company of Books doit ouvrir ses portes à Alexandria, dans l'État de Virginie : en ces temps d'incertitudes économiques, la nouvelle est plutôt réjouissante. Mais pas pour Uve Hodgins, résidente d'Alexandria. Dans un courrier envoyé au propriétaire de The Company of Books, elle l'accuse frontalement de voler des livres dans la bibliothèque de rue qu'elle a installée, pour mieux les revendre ensuite.

« J'ai vu dans l'une de vos publications récentes que vous mettiez dans la bibliothèque de rue les livres que vous ne pouviez pas vendre », écrit-elle dans le courrier adressé à Don Alexander. « Vous omettez toutefois de dire que vous preniez aussi les meilleurs. »

D'après Hodgins, contactée par le Washingtonian, Alexander serait venu plusieurs fois se servir dans la bibliothèque de rue, pour n'y laisser que des ouvrages peu pertinents, comme un livre de grilles de sudoku... L'initiatrice de la boite à livres assure qu'elle investit beaucoup dans cet équipement commun : environ 400 $ depuis son installation, entre les frais de création et d'entretien et les achats de livres à prêter.

Excédée et convaincue de la culpabilité du libraire, Uve Hodgins a même installé un message à son attention sur la bibliothèque de rue, indiquant « Merci de ne plus prendre mes livres pour votre librairie »...
 

Un habitué des bibliothèques de rue


Don Alexander dément toutes les accusations : « C'est totalement faux ! », s'insurge-t-il. S'il admet fréquenter plusieurs boites à livres, c'est avant tout pour sa consommation personnelle, et il a lui-même installé une boite à livres devant son domicile. « Je ne regarderai certainement pas qui y prend des livres », indique le libraire.

Rien n'y fait : sur le site Nextdoor, un réseau social destiné à réunir les habitants d'un même quartier, un autre résident a dénoncé Alexander, affirmant qu'il l'avait surpris en train de se servir dans une boite à livres. La discussion s'est poursuivie sur Facebook après que plusieurs utilisateurs ont suggéré d'attribuer de mauvaises notes à The Company of Books. « Comment peut-on noter un commerce qui n'est même pas ouvert ? », s'interroge Don Alexander.
 
L'homme a déclaré au Washingtonian avoir supprimé son compte Nextdoor, et renoncé à placer des ouvrages dans d'autres bibliothèques de rues que la sienne. Quant à Hodgins, elle a annoncé qu'elle placerait désormais des autocollants sur les ouvrages de sa boite à livres, indiquant « Toujours un don, jamais à vendre »...

Photographie : illustration, GPA Photo Archive, CC BY-SA 2.0


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